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Louanges à Allah Le Seigneur de l’univers et que les salutations d’Allah soient sur Son Prophète صلى الله عليه وسلم, sur sa famille et ses compagnons.

Certaines personnes s’interrogent sur le fait de savoir si la science de l’interprétation des rêves est une science fiable et légiférée étant donné qu’après avoir fait un rêve, en recherchant ce que pourrait bien signifier tels ou tels symboles, elles tombent sur des interprétations différentes.

Nul doute que cette noble connaissance est légiférée puisque c’est Le Seigneur des cieux et de la Terre qui l’a accordé à nombre de Ses serviteurs, en particulier aux prophètes (‘alayhoum salam), à l’instar du prophète Yousouf (‘alayhis-salam) et du Messager d’Allah Mouhammad (صلى الله عليه وسلم).
Il suffit de savoir qu’elle est légiférée pour admettre que cette science est fiable car Allah, n’étant point injuste, ne va pas révéler un savoir religieux qui fait défaut et est préjudiciable pour l’être humain.

De plus, nous savons que nous pouvons nous baser dessus car les rêves ont des incidences dans la vie pratique.
En effet, parmi les trois sortes de rêves(1), nous trouvons celle sujette à la Révélation. Les rêves de cette catégorie sont des signes qu’Allah envoi à Ses créatures pour les informer d’un évènement futur, pour leur annoncer une bonne nouvelle, les avertir d’un malheur, etc.
Nous en avons des exemples dans la Sourate 12 (Yousouf) avec le rêve d’al ‘aziz, la songe de Yousouf (‘alayhis-salam) ou ceux de ses compagnons de prison. Tous montraient des épisodes qui se produiraient dans le futur.
De ce fait, ils sont bel et bien relatifs à des circonstances réelles.

Par ailleurs, il faut se demander où est-ce que ces individus (ceux qui se questionnent sur la fiabilité de cette habileté) ont-ils puisé leur savoir ? La plupart du temps vous entendrez que leur grand-mère a dit ou que tel imam a dit. Pour les « plus instruits », ils argueront que c’est ce qu’ils ont lu dans le livre d’ibn Sirin intitulé Tafsir al ahlam.
Ne nous attardons pas sur les dires des ancêtres parce que bien souvent cela relève de l’ignorance basée sur des comptes d’anciens.
Quant à l’œuvre attribuée à ibn Sirin, il faut savoir tout d’abord que l’avis des savants le concernant est partagé. Nous ne nous étalerons pas d’avantage sur le sujet car cette thématique mérite à elle-seule tout un exposé. Retenez simplement que l’avis prépondérant est qu’ibn Sirin n’a vraisemblablement pas écrit cet ouvrage wallahou a’lam.

Ensuite, il faut savoir que parmi les fondements de la science de l’interprétation des rêves, les symboles dans les songes ne sont pas fixes. Ils varient d’une époque à une autre et d’un individu à l’autre.
Par exemple, une personne de l’époque des compagnons n’a probablement jamais rêvé d’une voiture, alors qu’aujourd’hui c’est quelque chose de récurent(2).
En somme, deux personnes peuvent effectuer le même rêve, pourtant l’explication ne sera pas identique. Ceci, car l’interprétation diffèrent d’un profil et d’une situation à une autre. D’ailleurs, nous avons un exemple dans la vie d’ibn Sirin(3).
On rapporte qu’un homme vint à lui en l’informant qu’il s’est vu faire al athan (l’appel à la prière) en rêve. Ibn Sirin lui interpréta comme le fait qu’il aurait la main coupée car Allah a dit :

{(…) Ensuite un crieur annonça : « Caravaniers ! Vous êtes des voleurs. ((…) Thoumma aththana mou-aththinoun ayyatouhal ‘irou innakoum lasariqoun)»} [Sourate 12 (Yousouf) verset 70].

Un second eu le même songe et ibn Sirin l’informa qu’il accomplirait le hajj en se basant sur le verset :

{Et fais aux gens une annonce pour le pèlerinage (…). (Wa aththin fin-nasi bil hajj (…))} [Sourate 22 (al Hajj) verset 27].(4)

Lorsque les gens lui demandèrent la raison de cette exégèse discordante, il déclara que sur le premier, il vit des marques de mal alors qu’il vit des marques de bien dans le second.(5)

Pareillement à la fatwa, qui change en fonction des lieux, des temps et des circonstances, le moufty peut donner une réponse dissemblable bien que deux personnes aient une même question.

Dans les Sounan d’abi Dawoud n°(2042) [2387], abou Hourayrah nous apprend par exemple :

« Qu’un homme questionna le Prophète (صلى الله عليه وسلم) à propos de l’attouchement pour le jeûneur, il lui autorisa. Un autre homme lui vint et il lui interdit car celui à qui il donna l’autorisation était un homme âgé, et celui à qui il lui interdit était un jeûne. »(6)

Ceci nous amène à notre dernier point qui est que l’interprétation des rêves est analogue à une fatwa.
En effet, si nous analysons les versets dans la Sourate 12 (Yousouf), nous nous rendons compte que les termes utilisées sont des dérivés du mot fatwa. Allah nous informe :

{(…) L’affaire sur laquelle vous me consultez est déjà décidée ((…) Qoudiy-al amroullathi fihi tastaftiyan)} [Sourate 12 (Yousouf) verset 41].

{(…) O conseil de notables, donnez moi une explication de ma vision, si vous savez interpréter le rêve ((…) Ya ayyouhal mala-ou aftouni fi rou-ya-a in kountoum lir-rou-ya ta’bouroun)} [Sourate 12 (Yousouf) verset 43].

{(…) Eclaire-nous au sujet de sept vaches grasses que mangent sept très maigres (…) ((…) Aftina fi sab’i baqaratin simanin ya-koulouhounna sab’oun ‘ijaf (…)} [Sourate 12 (Yousouf) verset 46].

Par conséquent, il est fortement recommandé (nous dirons même obligatoire) de demander l’interprétation de ses rêves à un connaisseur de la même façon que l’on demande une fatwa à un savant et non à un ignorant.
Cela évitera toute interprétation farfelue et contradictoire qui sème le doute et la confusion dans le cœur des gens et préservera ce noble savoir de toutes critiques infondées.

Nous concluons en disant qu’étant donné que ce domaine de compétence est légiféré et prouver par les textes scripturaires, il n’est, en conséquence, pas une pratique blâmable relevant de l’innovation ou de la mécréance.
Vouloir, en outre, accuser d’innovateur soufi, de sorcier, de voyant, ou d’autres infâmes sobriquets, un mouslim qui traite le sujet de l’interprétation des rêves et/ou en donne l’explication, est une injustice et un égarement (et même de la mécréance dans certains cas) puisque cela reviendrait à accuser les prophètes (‘alayhoum salam) et les salaf d’hérésie et de mécréance (nous cherchons protection auprès d’Allah contre cela).
Du reste, réserver cette connaissance à un courant sectaire particulier relève également de l’égarement, car ce don n’est pas donné à celui qui prétend l’avoir reçu mais c’est Allah qui l’octroi à qui Il veut, n’en déplaise aux suiveurs des passions.

{Telle est la grâce d’Allah qu’Il donne à qui Il veut et Allah est le Détenteur de la grâce immense.} [Sourate 62 (al Joumou’ah) verset 4].

Wallahou a’lam.

Tout le bien provient d’Allah et toutes les erreurs émanent de nous-mêmes ou du diable (shaytan) et Allah et Son Messager (صلى الله عليه وسلم) en sont innocents.
Et que les salutations d’Allah soient sur Son Prophète (صلى الله عليه وسلم) et louanges à Allah le Seigneur de l’univers.

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(1) Il ressort des textes scripturaires que les rêves sont de trois genres :

– Les rêves qui font partie de la Révélation (dans le sens où c’est Allah qui révèle des choses à Ses serviteurs par l’entremise des rêves).
– Les rêves organiques (nafsi).
– Les rêves provenant du shaytan.

Nous développerons ce sujet par ailleurs inshaAllah.

(2)Nous ne nions pas que cela ait pu se produire mais cela reste très improbable.

(3)Histoire présente dans le livre Tafsir al ahlam. En admettant que cette anecdote soit fausse, il n’en demeure pas moins que la démonstration est juste.

(4)Les termes en arabe dans les versets sont de la même racine que le mot athan, d’où les interprétations données.

(5)Ceci démontre qu’ibn Sirin était doté d’une profonde firasah. Nous écrirons par ailleurs sur le sujet de la firasah inshaAllah.

(6)Les savants ne s’accordent pas à déclarer authentique ce texte. Quoiqu’il en soit, nous le citons à titre indicatif car le sens est valable.

Écrit par : un frère de la team.

A propos de Tafsir Al Ahlam

Tafsir Al AhlamUn site vous donnant accès à certaines sciences islamiques telles que la firassa et l’interprétation des rêves entre autres, connues de nos pieux prédécesseurs mais méconnues voire inconnues de la grande majorité des musulmans de notre époque.